Violin Sonatas
Brilliant Classics 97378

Grand Duo Italiano
Mauro Tortorelli, violin
Angela Meluso, piano

22.8.2025
- Enregistré en mai 2024, Polla (Salerne), Italie
- Le livret bilingue en anglais et en italien contient des notes de pochette de Ludovica Del Bagno et un profil du duo
- Mauro Tortorelli joue un violon Giovanni Guidanti (Bologne, 1730)

 

Roffredo Caetani (1871-1961) : Sonata for Violin & Piano op.6

  1. I. Andante
  2. II. Adagio
  3. III. Allegro assai

Guido Alberto Fano (1875-1961) : Fantasia Sonata for Violin & Piano (1893)

  1. I. Contemplativo e sognante
  2. II. Andante sostenuto
  3. III. Misterioso e moderatamente mosso
  4. IV. Allegro molto

Roffredo Caetani (1871-1961), prince de Bassiano, dernier duc de Sermoneta, compositeur et mécène, a développé un talent musical marqué dès son plus jeune âge. Un facteur décisif à cet égard a certainement été l’influence de son père, un ami proche de Franz Liszt, qui sera à son tour un parrain exceptionnel et, plus tard, un professeur de Roffredo. Caetani achève sa Sonate pour violon et piano en 1898, et l’œuvre est créée par la grande violoniste turinoise Teresina Tua et le pianiste Francesco Bajardi. Les trois mouvements de la Sonate sont résolument larges et il y a une évocation particulière du baroque dans l’Adagio et le Finale, comme dans la Deuxième Sonate pour violon et piano en mi mineur, opus 36 de Ferruccio Busoni. Le premier mouvement commence par une brève introduction lente et expressive, presque énigmatique, rappelant quelque peu les grandes Sonates de l’époque classique (comme la Sonate à Kreutzer de Beethoven), puis il laisse place, de manière presque impétueuse, à l’Allegro, plein de thèmes qui se succèdent, poussés par un rythme pressant. Dans l’Adagio, le contrepoint est bien plus qu’une technique, il devient un outil d’expression. Écrit sous une forme ternaire ABA, dont la partie centrale a un tempo plus rapide (Più andante), le deuxième mouvement consiste en une combinaison de chants élégiaques confiés au violon et de contrepoint chromatique au piano. Le Finale de la Sonate est une fugue à trois voix dont le thème se développe dès les premières notes du mouvement et dont le caractère est incisif et brillant.

Guido Alberto Fano (1875-1961) est un compositeur, chef d’orchestre et pianiste italien d’origine juive, survivant de l’Holocauste. Il commence ses études musicales avec Vittorio Orefice, puis entreprend des études de piano avec Cesare Pollini. En 1894, il est invité par Giuseppe Martucci à être son élève de piano et de composition à Bologne, où Fano obtient son diplôme en 1897. La Sonate Fantaisie pour violon et piano en ré mineur de Fano, composée en 1893, est l’une des premières œuvres de chambre du compositeur de Padoue. Il a ensuite été révisé par le compositeur en 1941, pendant la période sombre de sa fuite des persécutions nazies. Le premier mouvement – Contemplativo e sognante – se caractérise par un motif thématique plaintif, souligné par des crescendos et des diminuendos répétés au milieu de chaque mesure, comme s’il évoquait une chanson folklorique juive. Dans le deuxième mouvement, Andante sostenuto, une écriture baroque à caractère intime et spirituel est évoquée. Le piano est confié à un contrepoint élaboré avec des fioritures écrites qui soutiennent et intègrent la ligne du violon. Le troisième mouvement, Misterioso e moderatamente mosso (ajouté dans la version de 1941) n’est rien d’autre qu’un mouvement perpétuel confié au violon s’inspirant de la partie de piano de l’Allegro molto (version du troisième mouvement de 1893). Le Finale, Allegro molto (ajouté dans la version de 1941), est une continuation naturelle, mais il transfère le caractère virtuose au piano. Le violon est alors libre de développer le thème cantabile et passionné exposé dans le premier mouvement, en inversant ses trois premières notes.
- Les sonates pour violon de Roffredo Caetani et Guido Alberto Fano, bien que moins connues dans le canon plus large du chaCette musique reflète la richesse culturelle et musicale de l’Italie du début du XXe siècle. Les deux compositeurs étaient profondément enracinés dans la tradition romantique tout en répondant aux changements stylistiques de leur époque, et leurs sonates pour violon révèlent un mélange de lyrisme, de clarté structurelle et de profondeur expressive.
- Roffredo Caetani (1871-1961), noble, compositeur et élève de Franz Liszt, a apporté une sensibilité raffinée à sa musique. Sa Sonate pour violon, composée au début du XXe siècle, se caractérise par des textures luxuriantes et un dialogue animé entre le violon et le piano, offrant des aperçus de couleurs impressionnistes au milieu de la densité brahmsienne.
- Guido Alberto Fano (1875-1961), pianiste, chef d’orchestre et proche collaborateur de Giuseppe Martucci, a également adopté un idiome romantique profondément influencé par la tradition germanique. Sa Sonate pour violon se distingue par sa portée dramatique et sa rigueur contrapuntique. Fano tisse un développement motivique complexe avec un sens aigu de l’invention mélodique, équilibrant virtuosité et lyrisme. La partie de piano assume souvent un rôle orchestral, soutenant et parfois défiant le violon dans un jeu vibrant.
- Joué par le Gran Duo Italiano : Mauro Tortorelli (violon) et Angela Meluso (piano), dont la discographie très importante et précieuse pour Brilliant Classics comprend des œuvres de Saint-Saëns, Santorsola, D’Ambrosio, Santoliquido, Sevcik, Auer, Milhaud, Castelnuovo-Tedesco et d’autres.