Paul Kletzki (1900–1973)
Musiques Suisses MGB 6272

Bamberger Symphoniker
Bayerische Staatsphilharmonie
Thomas Rösner
2012

 

 

Symphonie Nr.3

Orchestervariationen op. 20

Dès 1921, année où Pawel Klecki a quitté la Pologne pour venir s'établir à  Berlin, le musicien a changé son nom pour Paul Kletzki. Sans doute voulait-il davantage s'adapter de la sorte à  la vie de la capitale allemande plutôt que de se forger une nouvelle identité. Rétrospectivement, cette étape semble symptomatique de la part d'un homme qui a par la suite dû retrouver sa place à  plusieurs reprises. Paul Kletzki est certes décédé en 1973, bien avant l'ère des CD, mais les rééditions d'anciens enregistrements sont toujours plus fréquentes depuis les années 1990, ce qui confirme sa réputation d'avoir été l'un des plus grands chefs de son époque. Kletzki a été chef attitré du Dallas Symphoniy Orchestra, du Royal Liverpool Philharmonic, du Stadtorchester Bern, puis de l'Orchestre de la Suisse Romande (à  titre de successeur idéal d'Ernest Ansermet), mais ce maestro itinérant était avant tout une personne de l'après-guerre. L'ancien Klecki/Kletzki est plus difficile à  cerner, vu que les rares sources biographiques sont souvent contradictoires. La seule certitude est que ce Kletzki de l'avant-guerre se considérait en premier lieu comme compositeur. Ses premières oeuvres - musique pour piano, musique de chambre, mélodies, puis bientôt des oeuvres orchestrales - ont été publiées par les importants éditeurs Simrock et Breitkopf. En 1925, Wilhem Furtwängler a dirigé à  Leipzig son Ouverture pour une tragédie à  la tête de l'Orchestre du Gewandhaus. Peu après, il a convié Kletzki à  venir diriger l'Orchestre Philharmonique de Berlin à  titre de chef invité. En 1928, le chef allemand avait déjà défini Kletzki comme "un musicien exceptionnellement bon, doté non seulement de talent, mais aussi de chaleur et d'élan". Fin 1932, il l'a fait nommer chef invité permanent de l'Orchestre Philharmonique de Berlin. La montée de Hitler au pouvoir a réduit à  néant ces promesses de débuts, puisque Kletzki n'a pas eu d'autre choix comme juif polonais que de quitter l'Allemagne. Il s'est dès lors senti trahi par Furtwängler et a décliné après la guerre les tentatives de rapprochement de ce dernier. En 1942, il a toutefois cessé de s'exprimer dans ce registre et a dès lors, tout comme le reste du monde, ignoré son propre travail créatif.