Limore Yagil : Au Nom De L'Art Limore Yagil
Au Nom De L'Art
Exiles, Solidarités et Engagements
Fayard (4 mars 2015)
ISBN : 978-2-21368-089-7

 

 

 

Artistes juifs et non juifs en France sous l’occupation (1940-1944)

Par son pluralisme culturel et son cosmopolitisme la ville de Paris fut un véritable foyer de culture française et universelle, un espace hétérogène de créativité.
Par son bouillonnement culturel, sa diversité cosmopolite, son effervescence à nulle autre pareille, la capitale française a canalisé depuis le début du XXème siècle les aspirations d’innombrables personnes.
Des cinéastes, des peintres, des écrivains, des photographes, des musiciens, des danseurs et des sculpteurs sont venus à Paris pour mieux connaître les avant-gardes culturelles, et avec l’espoir de pouvoir s’y installer et faire partie de ce milieu cosmopolite.
Paris était réputé pour son climat libéral et pour sa tolérance à l’égard des étrangers.
Plongés dans l’anonymat de la grande ville beaucoup d’étrangers, et surtout des artistes ont trouvé un espace idéal pour créer librement.
Il est temps de rappeler comment les artistes juifs et non juifs, les musiciens, les peintres de l’École de Paris, les décorateurs, les danseurs de l’Opéra, les chanteurs de music-halls et cabarets, les cinéastes, les acteurs, ont vécu la période de la guerre et de l’Occupation à Paris et en zone libre.
Rares sont les artistes qui ont reçu la médaille de Juste parmi les nations, pourtant bon nombre d’entre eux ont aidé leur collègues, les artistes juifs.
Au-delà des accords et des désaccords variables, d’ordre esthétique et des différences de générations, le monde artistique était essentiellement cosmopolite, indifférent aux passeports, hostile aux contrôles, et savait manifester une formidable solidarité à l’égard des artistes étrangers, y compris les juifs.
Contrairement à une idée reçue, la majorité des artistes juifs en France ont survécu à l’Occupation.
Quelques-uns sont restés cachés à Paris, nombreux en zone sud, à Marseille, Cannes, Nice, Gordes, Castres, Avignon, etc...
Plusieurs ont réussi à partir aux États-Unis, en Suisse ou en Palestine.
Basé sur une documentation riche et inédite, sur une nouvelle publication qui sortira fin 2014 chez Fayard, ce cours propose de découvrir pour la première fois l’histoire des relations entre plus de 400 artistes juifs et non juifs de 1933 à 1945.