Claude Delvincourt (1888-1954)
Label CiAR Classics CC016

12 septembre 2024
1h 06 Min.

 

 

 

Quintette Syntonia
Stéphanie Moraly & Thibault Noally, violons
Caroline Donin, alto
Patrick Langot, violoncelle
Romain David, piano

Quatuor à cordes (1954)

1. I. Allegro moto con veemenza
2. II. Presto
3. III. Adagio estatico
4. IV. Allegro assai
Quintette avec piano (1908) Premier enregistrement mondial

5. I. Allegro ma non troppo - Allegro
6. II. Vivace scherzando - Quasi allegretto - Vivace
7. III. Andante espressivo
8. IV. Allegro agitato - Maestoso - Allegro molto

Syntonia poursuit son exploration des pépites pour quintette avec piano avec Claude Delvincourt et réalise un grand écart entre sa première et sa dernière œuvre de musique de chambre : le Quintette avec piano (1907) et le Quatuor à cordes (1954).
Le Quintette pour piano et cordes fut écrit alors que le jeune compositeur s’apprêtait à intégrer la classe de Widor au Conservatoire de Paris fin 1908.
Par la suite, Delvincourt obtint le Grand Prix de Rome et devint directeur du Conservatoire. Ses actions héroïques pendant l’Occupation permirent de sauver de nombreux jeunes artistes du STO. Son Quintette n’eut jamais la chance de conquérir le public, Delvincourt l’ayant remisé dans un tiroir.
Toutefois, cette œuvre monumentale de près de 45 mn n’est pas sans qualités et voit enfin le jour après 115 ans d’oubli.
Le Quatuor à cordes, dernier opus que l’on peut considérer comme son testament musical, date de 1954 et synthétise brillamment la science d’un compositeur hors-norme, ayant assimilé toutes les techniques de son temps, depuis Bartók et Stravinsky
jusqu’au music-hall et au jazz.le Quintette Syntonia nous livre des enregistrements de très haut niveau, tant pour la qualité instrumentale que pour l'engagement, notamment pour le Quatuor(Classica, février 2025)
On s'incline devant la prise de risques du Quintette Syntonia, qui investit avec le même tact, la même ferveur, deux œuvres aux styles si différents. [...] Une splendide redécouverte. (Diapason, janvier 2025)

 

Esse quam videri (être plutôt que paraître) fut sa devise. Grand Prix de Rome en 1913, compositeur indépendant au raffinement si typiquement français, dans la lignée de Chabrier et de Ravel, Claude Delvincourt (1888-1954) fut aussi un pédagogue visionnaire, dont le charisme et l'altruisme permirent de réformer l'enseignement de la musique en France. Par sa vigueur et son exubérance, la partition du Quintette avec piano, sur laquelle planent les ombres de Franck, Fauré et Vierne, concentre les ambitions du jeune Delvincourt. Ses pièces de jeunesse attestent d'une prédominance outrageuse du clavier sur les autres instruments, le traitant presque comme un soliste concertant. S'il n'a pas encore acquis une maîtrise complète de l'écriture des cordes, il fait preuve d'une inventivité débordante, sans toutefois se détacher d'un certain académisme.
Le quatuor Parrenin fut le premier ensemble à intégrer la classe professionnelle de musique de chambre créée par Delvincourt en 1947. À leur intention, il commença un Quatuor à cordes dont les contraintes de l'existence lui firent différer l'achèvement pendant plusieurs années. Comme dans sa Sonate de jeunesse, les quatre mouvements classiques se structurent en deux grandes parties à l'architecture très élaborée. Après les quatuors d'Ibert en 1942 et de Schmitt en 1947, l'ultime opus de Delvincourt, brillante synthèse de son art, s'impose parmi les incontournables du répertoire.