Hans Winterberg en 1965

Hans Winterberg ( à Prague, Autriche-Hongrie   à Stepperg, Allemagne) est un compositeur tchèque naturalisé allemand.

Biographie

Winterberg débute ses leçons de musique à l'âge de neuf ans avec la pianiste concertiste Therèse Wallerstein. Il étudie ensuite à l'Académie Musicale de Prague (composition avec Fidelio F. Finke, direction d'orchestre avec Alexander Zemlinsky) et au Conservatoire de Prague, où il est le disciple d'Alois Hába (comme la plupart des grands noms de la nouvelle génération à Prague, Viktor Ullmann, Gideon Klein1, Haas, etc.). Il fut ensuite répétiteur et accompagnateur vocal à Brno2 et dans d'autres maisons d'opéra.

Il épousa le  Maria Maschat (de religion catholique), dont il eut une fille, Ruth. Il fut obligé pour préserver la vie de sa famille de divorcer le  en liaison avec les lois du 3e Reich. Il fut aussitôt arrêté en tant que juif et, le 3, interné au ghetto de Theresienstadt (dont les principaux musiciens - un bon nombre ayant été de ses amis - avaient déjà été redéportés et assassinés à Auschwitz avant cette date, en ). Après la chute d'Hitler, il fut libéré le  et retourna d'abord à Prague, où il reprit ses activités de compositeur. Il fit ensuite une demande de passeport, car dans une correspondance trouvée au Ministère de l'Éducation et adressée au Ministère des Affaires étrangères on lit: "Le Ministre confirme que le compositeur Hans Winterberg souhaite voyager à l'étranger pour pouvoir retrouver les divers manuscrits qu'il dut envoyer à l'étranger au moment de son internement à Theresienstadt; il est conseillé d'autoriser le demandeur à voyager librement dans n'importe quel pays d'Europe avec un passeport valide."4  

D'abord accueilli à Riederau am Ammersee en Bavière, il s'installa ensuite à Munich, où il travailla comme éditeur à la Radio bavaroise et comme pédagogue au Conservatoire Richard Strauss. Plus tard il déménagea à Bad Tölz, où il put se consacrer exclusivement à la composition.

Malgré les heures funestes qu'il eut à vivre, Winterberg ne perdit jamais sa confiance en une universalité vue comme « un pont entre l'Allemagne de l'ouest et de l'est »5 Il se voyait lui-même comme "un artiste appartenant au groupe des 'unilatéralement désavantagés'". Il était membre de la Guilde des artistes d'Esslingen. Winterberg était aussi un peintre. L'art et la musique furent les deux éléments qui le définissait dès son enfance. Il passa ses dernières années à Stepperg en Haute-Bavière et fut inhumé à Tölz dans la même région.

Œuvres

Les œuvres de Winterberg sont principalement instrumentales. Il écrivit des pièces pour orchestre, des ballets, beaucoup de musique de chambre, et de partitions pour piano solo. S'y ajoutent tout de même de la musique pour des pièces radiophoniques, un peu de musique vocale et un oratorio sur "La légende de St Julien l'hospitalier" de Gustave Flaubert. Au cours de sa vie créative, il fut exposé bien sûr à diverses influences; après Wagner et Debussy au début, puis celle de la seconde école de Vienne - surtout Schoenberg, il fut sensible aux œuvres de Alexander Zemlinsky, Alois Hába, Béla Bartók, Igor Stravinsky et sans doute aussi Paul Hindemith. Son style semble parfois un pont entre la manière de ce dernier et celle de Bohuslav Martinů. Il assimila ces styles divers et les prolongea et mélangea à sa manière tout en évitant les techniques d'écriture dodécaphonique autant que la micro-tonalité. On remarque d'emblée une grande vitalité rythmique, un goût pour les éléments polyrythmiques, tout autant d'ailleurs que pour la polytonalité du point de vue harmonique. Par ailleurs les mouvements lents de ses suites sont souvent des moments de forte intensité émotionnelle (Suite 1927 ou 1945 pour piano par exemple), pouvant parfois évoquer celle d'un Alban Berg.

Winterberg considérait sa première Symphonie Sinfonia Dramatica comme une prémonition de la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale (lors d'une retransmission radio avec l'Orchestre philharmonique de Bavière sous la direction de Karl List). Vers la fin de 1954, la pianiste Magda Rusy donna avec grand succès un certain nombre de ses partitions en récitals dans divers pays comme l'Autriche et la Yougoslavie. D'importantes premières offrirent quelques œuvres avec orchestre comme le Premier Concerto pour piano avec la pianiste Agi Brand-Setterl le , la Sinfonia dramatica les 17 et  à Mannheim6, la Suite pour orchestre à cordes le  et l'Epilogue Symphonique le  avec la Philharmonie de Munich sous la direction de Fritz Rieger7.

Les archives musicales Winterberg sont abritées par les archives des Allemands des Sudètes à Ratisbonne ; une clause d'origine du contrat stipulait une interdiction d'accès générale jusqu'au . Ce contrat fut annulé le .

Musique pour orchestre
Ballets
Musique de chambre
Musique pour piano
Musique vocale
Musique radiophonique
Musique légère sous le pseudonyme Jan Iweer
Matériel pédagogique
Retransmissions par la radio bavaroise
1950 – 1981

Prix

Sources

Littérature complémentaire

Références

  1.  Livre de classe du Prof. Alois Hába 1937-1940, Conservatoire national de musique de Prague.
  2.  Agenda de la Scène allemande 1929 p. 331
  3.  Mémoires de Déportation de la Communauté Juive de Prague.
  4.  Cet ajout du 27 mars 2017 est en liaison directe avec les récentes corrections de l'article Wikipédia en anglais sur Winterberg
  5.  Thomas Stolle, Hans Winterberg, 1991.
  6.  Archives musicales des allemands des Sudètes - Regensburg
  7.  Gabriele E. Meyer, Munich Capitale de l'État de Bavière (Éditeur): 100 Years Munich Philharmonic Orchestra, [100 ans de l'Orchestre Philharmonique de Munich] Knürr, 1994.

Liens externes