Henri Dutilleux
Mélodies, intégrale et inédits
Studio Passavant PAS116022

Olivier Godin, pianiste *
Valérie Condoluci, soprano **
François Le Roux, baryton ***
  • Cinq mélodies * ***
    • Féérie au clair de lune (poème de Raymond Genty (18 juin 1942)
    • Funérailles de Fantasio (poème de André Bellessort (15 juillet 1942)
    • Pour une amie perdue (poème de Edmond Borsent (1er août 1942)
    • Chanson au bord de la mer (poème de Paul Fort (1942)
    • Regards sur l'infini (poème de Anna de Noailles (août 1943)
  • Au gré des ondes pour piano solo (1946) *
    • I. Prélude en berceuse
    • II. Claquettes
    • III. Improvisation
    • IV. Mouvement perpétuel
    • V. Hommage à Bach
    • VI. Étude
  • Barque d'or (poème de Charles Van Lerberghe) (1999) * **
  • Trois mélodies inédites * ***
    • L’Ange pleureur (poème de E. Borsent) (1941)
    • Vers de Ronsard (poème de P. Ronsard) (14 mai 1941)
    • La faute en est à toi (poème de Pernette du Guillet) (28 mai 1941)
  • Chanson de la déportée (poème de Jean Gandrey-Réty) (1945) * **
  • Quatre sonnets de Jean Cassou * ***
    • La Geôle (1944)
    • Éloignez-vous (1945 redécouvert en 1954)
    • J'ai rêvé que je vous portais entre mes bras (1954)
    • Il n'y avait que des troncs déchirés (1955)
  • Petit air à dormir debout pour piano solo (1981) *
  • San Francisco Night (poème de Paul Gilson) (1963) * **
Henri Dutilleux est certainement un compositeur singulier : son œuvre n'est dépendante d'aucune école, et le petit nombre des opus la composant en fait un joyau rare. En cela il appartient à une glorieuse lignée qui va de Rameau à Messiaen, en passant par Berlioz et Ravel.
Les titres qu'il a donnés à ses œuvres semblent perpétuer la tradition baudelairienne des titres de Debussy : Tout un monde lointain, Ainsi la nuit. On comprend ainsi que la poésie était une de ses passions.
Si ses dernières œuvres utilisent la voix et l'orchestre (Correspondances, Le temps, L'horloge), et ont bénéficié d'interprétations prestigieuses et d'enregistrements acclamés, ses mélodies chant-piano, peu nombreuses, sont rarement chantées.
Et pourtant elles sont au cœur de l'élaboration personnelle du style unique du compositeur : La plupart furent écrites pendant sa jeunesse, et l'écriture en est résolument tonale.
Dutilleux s'inscrit dans la lignée de Fauré et Ravel, un double patronage de choix pour qui compose des mélodies ; soin de la prosodie, tessiture médiane, clarté du discours, richesse harmonique, tout Dutilleux s'y trouve ! Les poésies mises en musique sont rares,
et proviennent de tous les horizons : Le passé lointain (Ronsard, Pernette du Guillet), les grands noms (Paul Fort), les personnalités directement connues du compositeur (Paul Gilson, Jean Cassou, Jean Gandrey-Réty). Et également des raretés quasi exclusives de contemporains
(André Bellessort, Edmond Borsent, Raymond Genty). Pour la première fois, elles sont toutes rassemblées en un enregistrement, et comprennent les inédits qui étaient la propriété du fameux Charles Panzéra, le créateur de L'Horizon chimérique, dernière grande composition vocale de Fauré.

François Le Roux