Mieczyslaw Weinberg (1919-1996)
Der Idiot Op. 144 (Oper in vier Akten, 1985)
Libretto by Alexander Medvedev based on the novel 'The idiot' by Fiodor Dostoyevsky
Pan Classics 10328
(3 CDs, 9th February 2014)
Choir and Orchestra of the Nationaltheaters Mannheim
Thomas Sanderling
Premiere in the original Russian version (Schirmer Russian Music)
Recorded: 12 and 31 January 2014
Recording Venue: Live recording, National Theatre of Mannheim, Mannheim, Germany
Release : 15.10.2015

Rôles :

Prince Leo Nikolayevich Myshkin: Juhan Tralla, Tenor
Nastassja Filippowna: Ludmila Slepneva, Soprano
Parfíon Rogoschin: Steven Scheschareg, Bass
Lebedev: Lars Moeller, Baritone
Ivan Fyodorovich Yepanchin, General: Bartosz Urbanowicz, Bass
Yelisaveta Prokofyevna Yepantschina, his wife: Elzbieta Ardam, Alto
Aglaja Yepantschin: Anne Theresa Moeller, Mezzo soprano
Alexandra Yepantschin: Tamara Banjesevic, Soprano
Adelaida Yepantschin: Diana Matthess, Silent role
Ardalionitsch Ivolgin (Ganya), Epanchins Secretary: Uwe Eikötter, Tenor
Warwara (Varya), his sister: Tatjana Rjasanova, Soprano
Afanassi Ivanovich Totzki, , Nastassia's former lover: Bryan Boyce, Baritone
Ganya's and Varya's parents, Silent roles
Tochilnik (backstage), Tenor
Citizens of Rostov, 3 Tenors, 3 Basses

Le compositeur juif polonais Mieczyslaw Weinberg (1919-1996), qui a perdu sa famille à cause du national-socialisme, s’est enfui en Russie et a de nouveau été soumis plus tard à la persécution stalinienne, était l’un des compositeurs injustement oubliés du XXe siècle jusqu’à récemment. Il a laissé derrière lui une œuvre considérable, et avec une renaissance impressionnante au cours des dernières années, y compris une production acclamée de « Le Passager » à l’ENO, il est maintenant considéré comme l’un des compositeurs les plus importants de l’Union soviétique aux côtés de Chostakovitch et Prokofiev."L’Idiot », basé sur le roman du même titre de Dostoïevski, est le dernier opéra de Weinberg. composé au milieu des années 1980. L’intrigue : le jeune prince Mychkine rentre à Saint-Pétersbourg, sans le sou après de nombreuses années passées dans une clinique suisse. Dans le train, il rencontre la riche Rogoshin, poussée par une sombre passion pour Nastassia, une femme « déchue ». Le prince instable, manquant de contact avec la réalité à cause de sa maladie et croyant naïvement à la bonté des êtres humains - dépeint comme une sorte de Don Quichotte russe - tombe également amoureux de Nastassia, mais d’une manière différente : il souhaite la sauver. Entre elle et la jeune Aglaïa, il fait lui-même partie d’un réseau de dépendances matérielles et sexuelles, de blessures, d’obsessions et d’incapacité à nouer une relation, qui se termine finalement par le meurtre de Naztachia par Rogoshin. Mychkine se fige dans les bras de l’assassin dans un état entre folie et tendresse. Cet enregistrement en direct du Théâtre national de Mannheim en 2014 documente la production avec laquelle « Idiot » de Weinberg avait été présenté en première mondiale un an plus tôt à Mannheim, unanimement saluée par le public et la critique. La célèbre revue spécialisée Die Opernwelt a nommé la production « Première mondiale de l’année ». Il s’agit d’une autre première réussie de Weinberg par Thomas Sanderling dans ce qui pourrait s’avérer être une série entière.

Synopsis:

Le jeune prince Mychkine, qui souffre d’épilepsie, rentre à Saint-Pétersbourg complètement démuni après un séjour de plusieurs années dans un sanatorium suisse. À Saint-Pétersbourg, il se retrouve immédiatement empêtré dans un réseau d’intrigues autour de la beauté aux yeux noirs Nastasya. Son amour pour elle force l’intègre Mychkine à une relation macabre avec son rival compulsif Parfion Rogoshin, le fils d’un riche marchand. Nastasya est fascinée par la profonde folie du prince, devenu millionnaire à la suite d’un héritage inattendu. La tentative de Rogoshin d’assassiner son rival échoue, car Mychkine souffre d’une crise d’épilepsie pendant l’assaut.
La réaction de Mysckin à la profonde affection de l’orgueilleuse et pure Aglaya, la plus jeune fille des Yepanchin, avec laquelle il est éloigné, révèle sa tragique inaptitude à s’engager véritablement. À Pavlovsk, Nastasya donne au prince anxieux sa parole de consentement apparemment irrévocable, mais s’enfuit quelques minutes avant le mariage à Saint-Pétersbourg avec Rogoshin.
Dans un accès de jalousie furieuse, Rogoshin poignarde Nastasya à mort et passe des heures de prière à côté du corps. Après une recherche frénétique, Mychkine trouve le lieu de l’acte terrible. Inconscient du monde, il caresse la tête de Rogoshin, qui a sombré dans une torpeur douloureuse.
Par Alexandre Jamar Mercredi 17 Février 2016

Il est tout à fait réjouissant de voir la musique de Mieczysław Weinberg sortir de l’oubli. Après un Portrait à Nancy et Bregenz et avant une splendide Passagère à Francfort, c’était à l’Opéra de Mannheim d’apporter sa pierre à l’édifice en créant le dernier opéra du compositeur polonais L’Idiot. Etant donné le succès de cette production de 2013, il est tout aussi réjouissant de voir que la reprise de janvier 2014 a fait l’objet d’un enregistrement paru fin 2015 chez PanClassics (attention, première mondiale!).

Il est extrêmement difficile de parler de la musique de Weinberg sans évoquer celle de son mentor et ami Chostakovitch. En effet, les similitudes (tant stylistiques que biographiques) entre les deux compositeurs sont tellement évidentes qu’ils sont souvent programmés côte à côte dans les salles de concert. L’un comme l’autre furent anéantis par le régime soviétique, rescapèrent in extremis des purges orchestrées par Beria et trouvèrent un amer refuge dans une collaboration forcée avec les autorités politiques. Chostakovitch voyait dans le compositeur polonais un ami partageant la même sensibilité musicale que lui, et Weinberg n’hésitait pas à se proclamer élève spirituel du premier.
Néanmoins, si les influences du vieux lion Chostakovitch se laissent sentir chez son cadet, il serait trop hasardeux de réduire ce dernier à une réplique de l’autre. En effet, Weinberg ne partage pas cette obsession du contrepoint le plus strict, ou cet intérêt pour les fanfares sordides qui caractérisent souvent les pages de son ainé. Il ira davantage puiser ses ressources chez Berg, en se souvenant à la fois de Wagner (par l’utilisation de leitmotive) mais en lorgnant également du côté de la musique de cabaret.

Faut-il attendre de cet Idiot d’après Dostoïevski l’opéra du siècle, un chef d’œuvre englouti qui sera désormais repris dans les plus grandes maisons du monde? Probablement pas. Est-ce pour autant un opéra qui aurait mieux fait d’être oublié, ne présentant pas de réel intérêt musical et scénique ? Certainement pas non plus. Ce qui peut rebuter lors de la première écoute de l’œuvre, c’est tout d’abord sa dimension: trois heures et demie de musique, un livret complexe et un orchestre fourni. Les tempi sont souvent lents et la musique est austère et dépouillée, malgré une orchestration plutôt massive. Et pourtant, l’auditeur sera certainement séduit par l’écriture alternant ironie acerbe et coups de poings expressionnistes.

Pour remédier au problème posé par l’intrigue de Dostoïevski, Weinberg et son librettiste Alexander Medvedev n’hésitent pas à alterner brusquement les lieux et personnages et à simplifier quelque peu les traits de caractère sans que personne n’y perde de sa particularité. Ce qui peut au départ dérouter s’avère être un bon moyen de relancer l’action musicale et dramaturgique.

Pour servir un opéra aussi dense, il fallait de grands moyens et surtout de grandes (grosses?) voix. Le défi est partiellement relevé par l’Opéra de Mannheim. Saluons tout d’abord la performance de Juhan Tralla dans le rôle du Prince Myshkin. La partie est extrêmement exigeante, sollicitant beaucoup l’aigu et le forte. Rien de cela n’effraie le ténor estonien qui offre, soutenu par une technique constante, une interprétation très musicale. Sans jamais céder à un vérisme exacerbé, il incarne idéalement ce prince à l’esprit fin et perspicace mais incapable de prendre sa vie en main. Le Rogozhin du bariton Steven Scheschareg est aussi à sa place. La voix est moins belle, mais elle colle au personnage rugueux de l’alcoolique aux pulsions meurtrières.
A la tête du duo féminin, on retrouve deux voix «russes». Ludmila Slepneva est une sulfureuse Nastassia Filippovna qui évoque presque volontairement la Lady Macbeth de Chostakovitch. Le timbre est sombre mais chaud et présent, très volumineux dans l’aigu, ce qui n’est pas du tout un inconvénient dans un rôle comme celui-ci. Le mezzo ultra-lyrique d’Anne-Theresa Møller dans le rôle d’Aglaya est ici une réplique idéale, illustrant bien la rivalité des deux femmes. Attention tout de même aux aigus qui vibrent parfois un peu trop. Le sournois Lebedjev est incarné par Lars Møller, un baryton dont la voix n’est pas dans la meilleure des formes, mais qui défend honorablement les couleurs de son personnage. Pour conclure la liste des protagonistes, le couple aristocratique Epantchine est confié aux voix de Bartosz Urbanowicz et Elzbieta Ardam, toutes deux très puissantes mais manquant par conséquent de finesse et de retenue dans le piano. Saluons enfin la discrète mais jolie performance de Tamara Banješević qui apporte avec son Alexandra Epanchina une touche de fraîcheur et de légèreté au casting vocal un peu sombre.

L’orchestre de l’Opéra de Mannheim se voit confronté à une écriture assez peu habituelle. Comme dit précédemment, l’instrumentation de Weinberg est très massive, les contours mélodiques sont anguleux (amateurs de septièmes majeures, bonsoir) et les registres souvent tendus. De plus, une prise de son particulièrement ingrate (tant pour l’orchestre que pour les voix) souligne les imprécisions d’intonation et plaque souvent les chanteurs derrière cet orchestre-mastodonte. Heureusement que la tête froide de Thomas Sanderling assure une direction très précise, ce qui permet de réparer les imperfections traînant çà et là.

Comme nous l’avions déjà évoqué, c’est la prise de son qui déçoit le plus dans cet enregistrement, réalisé à partir de deux directs depuis l’Opéra de Mannheim. L’acoustique de la salle doit être extrêmement sèche, puisque voix et orchestre se mélangent à peine. Les chanteurs sont ainsi trop souvent en retrait pour que l’on puisse pleinement apprécier les tuttis.

Voyons donc cet enregistrement comme un coup d’essai pour la musique de Weinberg. Il est idéal pour ceux qui rêvent de la découvrir, mais on attend avec impatience davantage de reprises à l’opéra et au disque, servant l’œuvre du compositeur polonais comme il se doit.

 

DISC 1:
1.Vorspiel
2. Na? Kalt? Kalt... Sehr
3. Ich Kann Ohne Sie Nicht Leben
4. Du, Ganja? Was Fürst Dich Zu Mir?
5. Werden Die Siebzigtausend Auch Reichen?
6. Sie Gefällt Ihnen, Fürst?
7. Ich Erinnere Mich... Ich Wurde Aus Russland Gebracht
8. Ihr Rattenbande! Ihr Geldsäcke!
9. Als Ich Ihre Lieben Gesichter Erblickte
10. Ein Einziges Wort Nur Und Ich Bin Gerettet!
11. Die Wahrheit! Die Wahrheit! Wie Klar Und Einfach Sie Doch Ist
12. Nastassja Filippowna. Woher Kennst Du Mich?
13. Tag, Ganka! Der Judas!
14. Fürst, Ich Habe Gemein Gehandelt, Vergeben Sie Mir!

DISC 2:
1. Meine Seele Bebt Und GLÜHT
2. Der FÜRST Ist Der Erste in Meinem Leben, An Den Ich Geglaubt Habe!
3. Werde Ich Jetzt Gar Fürstin?
4. Warum Weinst Du Denn?
5. Ich Bin Bereit, Meine Königin!
6. Gerüchte, Gerüchte! Unsinnige Und Ganz Phantastische Gerüchte!
7. Parfjon, Vielleicht Komme Ich Ungelegen?
8. Messer Schleifen, Messer Schleifen!
9. Wie Bin Ich Doch Schuldig Vor Ihm!
10. Wie Ich Dem Fürsten? Hab Keine Angst, Mütterchen!
11. Warum Stehen Sie Auf Den Zehenspitzen? Wieder Geheimnisse?
12. Sie Kommen... Sie Kommen
13. O Gott! Wie Ist Mir Nur! O Gott! Drei Töchter Im
14. Zusammenführen! Zusammenschlagen!

DISC 3:
1. Ich Erwarte Sie Morgen Um Sieben Uhr Im Park
2. Ich Muss Jetzt Mein Leben Verändern
3. Oh, Mein Gott! Warum Das Alles?
4. Ich Verstehe Überhaupt Nichts! Ich Bin Ganz Verwirrt
5. Sie Schreiben... Und Schreiben... Nach Allen Seiten Fliegen Briefe
6. Im Ganzen Haus Ist Kein Mensch, Nur Wir Vier
7. Hier, Man Sehe Diese Junge Dame An!
8. Ach, Mein los, Mein los
9. Nirgendwo Hin... Nirgendwo Hin Kann Ich
10. Geh Rein. Hier Ist Es Dunkel
11. Wie Geht Es Weiter, Parfjon?

 

Act I. 54:57

  1. Prelude 1:45
  2. Scene 1: Well? Cold? (Rogoschin, Furst, Lebedjew) 6:24
  3. Scene 1: I can't live without her, I can't (Rogoschin, Lebedjew) 3:35
  4. Scene 1: Is it you, Ganya? (Nastassja Filippowna, Ganja, Rogoschin, Lebedjew, Furst) 7:29
  5. Scene 2: Will seventy thousand be enough? (Tozkij, Jepantschin, Lebedjew, Nastassja Filippowna, Furst, Aglaja) 9:40
  6. Scene 2: Do you like her, Prince? (Ganja, Furst, Jepantschin, Jepantschina, Aglaja, Alexandra) 4:42
  7. Scene 2: I remember… I was taken away from Russia (Furst, Jepantschina, Aglaja) 5:07
  8. Scene 2: You devils! You money-monger! (Rogoschin, Lebedjew, Geldverleiher) 2:49
  9. Scene 2: As I saw your faces, my heart became lighter (Furst, Jepantschina, Alexandra) 7:00
  10. Scene 2: Just one word and I'm saved! (Ganja, Aglaja, Furst) 6:26

Act II. 53:22

  1. Scene 3: The Truth! The Truth! (Furst, Warja, Ganja, Nastassja Filippowna) 5:50
  2. Scene 3: Nastassya Filippovna (Furst, Nastassja Filippowna) 6:14
  3. Scene 3: Hello, Ganka! (Rogoschin, Geldverleiher, Ganja, Nastassja Filippowna, Lebedjew, Warja, Furst) 6:56
  4. Scene 3: Prince, I played it badly, would you forgive me! (Ganja, Furst) 4:16
  5. Scene 4: My soul is on fire (Lebedjew, Tozkij, Nastassja Filippowna, Jepantschin, Furst, Ganja) 6:28
  6. Scene 4: The Prince is the first person in my entire life that I believed in! (Nastassja Filippowna, Rogoschin, Tozkij, Jepantschin, Lebedjew, Furst) 6:56
  7. Scene 4: Am I a princess now? (Nastassja Filippowna, Rogoschin, Furst, Ganja, Jepantschin, Lebedjew, Tozkij) 6:20
  8. Scene 4: Why are you crying? (Nastassja Filippowna)3:47
  9. Scene 4: I am ready, my queen! (Rogoschin, Lebedjew, Jepantschin, Nastassja Filippowna, Tozkij) 6:35

Act III. 52:54

  1. Scene 5: Rumors, rumors! (Lebedjew) 2:28
  2. Scene 5: Parfyon, perhaps I came at a bad time? (Furst, Rogoschin) 5:36
  3. Scene 5: Knife grinder, knife grinder! (Messerschleifer, Rogoschin, Furst) 4:32
  4. Scene 5: I feel so guilty! (Furst) 5:06
  5. Scene 6: How is the Prince? (Nastassja Filippowna, Lebedjew, Furst, Aglaja, Rogoschin) 5:21
  6. Scene 6: Why do you stand on the tips of your toes? (Furst, Lebedjew) 1:26
  7. Scene 6: They come… They come… (Lebedjew, Jepantschina, Furst, Aglaja, Alexandra, Jepantschin) 7:30
  8. Scene 6: Oh my God! How do I feel! (Jepantschina) 2:38
  9. Scene 6: Come together! (Lebedjew) 1:30
  10. Scene 7: I will be waiting for you in the park at seven o'clock in the morning (Furst, Aglaja) 3:13
  11. Scene 7: I have to change my life (Aglaja, Furst) 6:48
  12. Scene 7: Oh, my God! Why is this happening? (Furst, Lebedjew, Nastassja Filippowna, Rogoschin) 6:46

Act IV 46:50

  1. Scene 8: I don't understand anything! (Jepantschina, Jepantschin, Aglaja, Alexandra, Furst, Lebedjew) 5:37
  2. Scene 8: They write… They write… (Lebedjew, Furst, Aglaja) 8:46
  3. Scene 9: There is no one home, except the four of us (Rogoschin, Aglaja, Nastassja Filippowna, Furst) 6:15F
  4. Scene 9: Just look at this young lady! (Nastassja Filippowna, Aglaja, Furst) 8:06
  5. Scene 9: Ah, my prize, my prize (Rogoschin, Lebedjew, Nastassja Filippowna, Furst) 5:28
  6. Scene 10: Nowhere to go… have nowhere to go (Furst, Messerschleifer, Rogoschin) 3:54
  7. Scene 10: Enter (Rogoschin, Furst) 2:00
  8. Scene 10: Now what, Parfyon? (Furst, Rogoschin) 6:44